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Sensibilisation des étudiants à la nécessité d’ouvrir rapidement et sûrement les universités

Le Conseil Constitutionnel a été saisi de la loi de programmation de la recherche.

La tribune « Pour donner un avenir à notre société, ouvrons les universités » est parue dans 10 journaux de la presse quotidienne régionale, accompagnée d’un intéressant commentaire en chapeau.

Notre site a connu quelques difficultés d’acheminement des mails de confirmation de signature qui devraient être rentrées dans l’ordre. Nous vous invitons non seulement à signer massivement la tribune-pétition dès que possible, mais aussi à informer les étudiantes et les étudiants avec qui vous êtes en contact distant de notre soutien collectif.

En espérant nous retrouver, nombreux, à manifester ce samedi en défense des libertés publiques.

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Pour donner un avenir à notre société, ouvrons les universités

Nous vous invitons à vous associer aux 6349 signataires de cette tribune initiée par RogueESR et parue le 27 novembre 2020 dans plusieurs titres de la presse quotidienne régionale (Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Alsace, Le Bien Public, Le Dauphiné libéré, L’Est Républicain, Le ProgrèsLe Républicain Lorrain, Vosges matin). 

C’est un sentiment de sidération, puis de colère, qui a saisi mardi soir des dizaines de milliers d’étudiants et d’universitaires : tandis que les lieux de culte et les supermarchés rouvriront dès ce week-end, les universités ont été condamnées à rester portes closes jusqu’en février dans le meilleur des scénarios. Aucun plan B n’est prévu. C’est pourtant le même exécutif qui, entre mai et octobre, a ignoré les alertes des universitaires sur les risques de contamination dans les établissements du Supérieur, mais aussi les rapports scientifiques détaillant les moyens qui permettent d’ouvrir ces lieux de création et de transmission du savoir sans en faire des foyers infectieux. Ces préconisations n’ont toujours pas été appliquées. La décision présidentielle résonne comme un aveu, dans un contexte où les universités subissent des attaques de l’exécutif et de ses alliés. Cette défiance envers les étudiants et les enseignants ne fait qu’accompagner le glissement de notre société vers un obscurantisme dont le développement des théories complotistes n’est qu’une des manifestations les plus évidentes.

Le mythe de l’enseignement numérique s’est fracassé contre la réalité des conditions de confinement des étudiantes et des étudiants. Leurs situations, tant psychologiques que matérielles, ne cessent de nous alarmer : dépression, précarité matérielle et subjective, décrochage des études, en particulier pour les bacheliers qui doivent apprendre les méthodes de l’Université après avoir été en partie déscolarisés ce printemps. Une société qui maltraite ainsi sa jeunesse est une société qui se prive d’avenir. Ce sont les jeunes adultes d’aujourd’hui qui, dans les vingt années à venir, auront la charge de surmonter les crises économique, sociale, écologique et démocratique, laissées actuellement sans réponse. La réouverture de l‘Université n’est pas que l’affaire du monde académique : elle nous regarde toutes et tous, si nous voulons sortir notre société de l’ornière. 

Peut-on faire en sorte de limiter la circulation du virus dans les universités, afin de les ouvrir dès janvier ? À cette question, comme scientifiques, comme citoyens, comme parents ou comme grand-parents, nous devons répondre par l’affirmative. Dans l’état actuel des connaissances, on ne peut exclure qu’une fraction importante des contaminations se fasse par voie aérosol, dans des milieux clos mal ventilés, même avec le port de masques ordinaires, toujours imparfait. Il aurait été nécessaire dès le printemps dernier de quantifier le taux de transmission des différentes voies de contamination. Cela n’a pas été fait.

Pour ouvrir enfin l’Université, et ne pas ajouter à l’angoisse d’un avenir fermé le désespoir des étudiants, il est possible d’adopter un protocole rationnel prenant en compte les lacunes actuelles de notre savoir sur la maladie et reprenant les meilleures pratiques en vigueur dans les pays qui ont réussi à limiter très tôt l’ampleur de la deuxième vague. Ainsi, des mesures systématiques des taux de CO2 permettent de déterminer le nombre de personnes admissibles dans chaque salle. En cas de ventilation mécanique insuffisante ou inexistante, il faut adjoindre des purificateurs d’air à filtre Hepa, comme ceux conçus en kit dans les écoles de santé publique de Harvard, Yale ou du Max Planck Institute. L’Allemagne a débloqué 500 millions € pour l’amélioration de la ventilation des lieux collectifs ; la France, pas un euro. Quant aux présidences des dix universités les plus dotées, qui demandent aujourd’hui à pouvoir rouvrir en premier, rappelons qu’elles ont refusé de procéder à tout investissement, s’enfermant dans le déni des contaminations dans les lieux publics. La réquisition de locaux additionnels peut compléter ce plan matériel d’urgence. Les équipes enseignantes comme les étudiants doivent être équipés de masques FFP2 non médicaux gratuits, et nettoyés sur les campus pour pouvoir être recyclés. Les tests salivaires collectifs et le suivi de la charge virale dans les eaux usées doivent être systématisés. Il faut enfin nettoyer et aérer les salles de cours ; repenser et fermer les lieux de restauration collective — voies principales de contamination — au profit du plein air. Enfin, pour recouvrer l’ensemble des étudiants après ces mois si pénibles, l’enseignement en petits groupes devra être privilégié.

Cela demande des moyens, nous dira-t-on, en particulier des recrutements. Oui. Le sort de notre jeunesse en dépend. Si nous voulons redonner un avenir à notre pays, redonnons-lui son université.

Les 100 premiers signataires

Jocelyn Achard, Sylvain André, Bruno Andreotti, Maïtena Armagnague, Jean-Luc Autran, Sakina Ayata, Christine Bailleux, Christophe Baticle, Gwladys Bernard, Olivier Berné, Magali Bessone, Thibaud Boncourt, Jean-Guillaume Bordes, Vincent Borrelli, Elise Brayet, Sylvie Brodziak, Yann Bugeaud, Guillaume Calafat, Inès Cazalas, Kristel Chanard, Pascale Chiron, Guillaume Coqui, Florent Coste, Hélène Cottet, Dominique Crozat, Pierre-Yves Dacheux, Louis Dautais, Natalie Depraz, Jean-Pierre Digard, Pascale Dollfus, Pascale Dubus, Vincent Duchêne, Claire Ducournau, Thomas Dufaud, Florence Elias, Catherine Fabre, Isabelle Faure, Anaïs Flechet, Jean-Louis Fournel, Gilles Frison, Irène Gayraud, Laurence Giavarini, Lucas Gierczak, Linda Gil, Anne-Florence Gillard-Estrada, Séverine Grélois, Michèle Guillemont, Emilie Guitard, Alexandrine Guyard-Nedelec, Jacques Haiech, Patrick Haillet, Elise Julien, Benoît R. Kloeckner, Alexis Ladreyt, Frédéric Lambert, Frédéric Landy, Martin Laviale, Francis Lazarus, Coline Leonard, Pascal Maillard, Sandrine Maljean-Dubois, Dominique Manchon, François Marchal, Laurent Marsan, Emmanuel Marty, Jean-Marie Merle, Pierre-Yves Milcent, Perola Milman, Pierre-Yves Modicom, Mathilde Monge, Pierre-Louis Montagard, Marc Monticelli, Olivia Munoz, Alexandre Niveau, Pascal Noble, Luc Paillard, Arnaud Plagnol, Alson Ramamamtsialonina, Marwan Rashed, Nicolas Rialland, Jérémy Rivière, Michel Rueher, Arnaud Saint-Martin, Franck Salaün, Sabine Santucci, Nicolas Schabanel, Sophie Servais, Tumba Shango Lokoho, Johanna Siméant-Germanos, Frédéric Soulu, Frederic Sounac, Fabien Stalport, Matthias Steinle, Antonin Thiébaut, Mathieu Tremblin, Grégoire Varillon, Miguel Angel Veganzones, Eric Verdeil, Chantal Zabus, Simon Zara.

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Peut-on destituer le HCERES ? Et quelques autres questions

Rendez-vous…

  • À Paris, rassemblement à 14h, place Jussieu
  • À Rennes, rendez-vous à 12h, République
  • À Toulouse, rendez vous à 14h, métro Jean Jaurès
  • À Strasbourg, rassemblement à 14h, Campus de l’Esplanade, bâtiment de la Présidence

Merci de prendre connaissance des conseils pratiques en fin de texte pour la manifestation.

Peut-on destituer le HCERES ? Et quelques autres questions

La loi de programmation de la recherche a été adoptée le 20 novembre par le Sénat, dans sa version issue de la commission mixte paritaire. La Constitution permet au Président de demander une nouvelle délibération de loi (article 10, alinéa 2 de la Constitution). Les collègues qui le souhaitent peuvent s’associer à cette lettre.

Le travail juridique pour déterminer l’opportunité d’une saisine du Conseil Constitutionnel est en cours. Nous pouvons mettre en contact avec le groupe de travail, les collègues constitutionnalistes qui souhaitent y apporter leur contribution.

Aux côtés d’autres collectifs, RogueESR appelle à la manifestation du mardi 24 novembre, journée de grève et de mobilisation nationale dans le prolongement de l’opération « Écrans noirs ». Pour la suite, il importe de prendre le temps de construire collectivement une stratégie de transformation globale des institutions d’enseignement supérieur et de recherche (ESR), et de concevoir des tactiques à déployer à court terme. Cela suppose de réfléchir à des leviers dont les effets garantissent une prise politique, en évitant ceux qui pourraient être pernicieux, saperaient nos collectifs de travail, voire scinderaient les alliances nouées dans notre communauté ces derniers mois ou accéléreraient la différenciation entre les établissements.

Désormais, le cœur de la bataille est l’autonomie effective de la recherche, garantie par des statuts pérennes, par des moyens récurrents, et par la réaffirmation des libertés académiques. Or, même si nous ne disposons pas des leviers institutionnels nécessaires pour faire advenir ici et maintenant l’Université et la recherche que nous voulons, nous pouvons collectivement réfléchir aux premiers jalons pour y parvenir. Si l’objectif est d’initier un mouvement de réappropriation de nos métiers, nous devons penser le système que nous voulons instituer en commençant par nous poser quelques questions précises.

Peut-on destituer le HCERES en décidant partout d’ignorer son existence, purement et simplement ? Peut-on mettre en œuvre des visites des laboratoires par les pairs en poursuivant des objectifs conformes aux principes de la science : intégrité, exigence, disputatio, originalité des travaux, bienveillance ? Peut-on imposer collectivement que les évaluations se fassent sur la base de la lecture des travaux ? Peut-on réduire le recours au travail précaire en valorisant le principe de division minimale du travail savant ? Peut-on remplacer l’évaluation managériale par une gratification par les pairs, fondée sur la disputatio ? Comment évaluer en retour les nouveaux managers de l’Université et de la recherche, avec une notation chiffrée, objectivée, fondée sur des critères multiples en évolution permanente, afin de leur permettre d’améliorer leurs propres performances dans l’accompagnement de la science, selon des critères collectivement décidés par la communauté académique ? Comment sortir du modèle unique du principal investigateur (P.I.) que chérissent les appels à projet, et encourager les chercheurs à mener eux-mêmes leur recherche au quotidien ? Comment refonder des structures capables d’amener universitaires et chercheurs à retrouver le sens de leur métier ? Les chances d’initier une réinstitution de l’Université et de la recherche dépendent de la réponse que nous apporterons collectivement à ces questions dans les semaines à venir.

Malgré le marasme ambiant, des signes encourageants surgissent. La pétition demandant la suspension de l’examen de la loi a dépassé les 30 000 signataires.

Pour la première fois depuis des mois, nous avons obtenu une couverture médiatique importante, depuis la une du Monde[1] jusqu’à Ouest France. La mobilisation des collègues de droit, l’unanimité des protestations venant de toutes les disciplines et de tous les bords témoignent de la constitution graduelle d’un « Nous » réunifiant les universitaires et les chercheurs actifs, statutaires et précaires, en face d’un « Eux » constitué par les nouveaux managers de l’Université et de la Recherche, qui ont porté le projet de loi jusqu’à produire des amendements sénatoriaux délétères. Ainsi, les textes écrits par les collègues de Qualité de la Science Française[2] marquent un tournant dans la désignation explicite de celles et ceux qu’il nous faut affronter. Cette partition entre Nous et « Eux » est allée jusqu’à diviser les Républicains, dont les députés ont voté contre la LPR, après les discours argumentés, aux accents gaulliens, de M. Patrick Hetzel. Ce faisant, les députés LR ont déjugé les sénateurs de leur propre parti. Ceux-ci, menés par M. Bruno Rétailleau, un transfuge de la droite religieuse radicalisée, incarnée par son mentor M. Philippe de Villiers, avaient en effet négocié avec les présidences de l’UDICE[3] et servi leurs intérêts par le truchement des amendements portés notamment par Mme Laure Darcos. Soulignons enfin que notre collègue Cédric Villani, qui a servi de caution à la LPR pendant un an, a in fine voté contre le texte. Que d’énergie dissipée et, surtout, que de gâchis pour accoucher de ce texte de loi mortifère pour l’ESR.

Conseils pour la manifestation du 24 novembre

Précautions : Imprimez et remplissez l’attestation dérogatoire.

Les organisateurs ont obtenu un récépissé de la préfecture. En cas d’insistance lors d’un contrôle, montrez aussi n’importe quel appel à la manifestation de la part d’un syndicat ou d’un collectif. Merci à ceux qui possèdent des masques FFP2 non-médicaux d’en apporter en réserve, pour assurer une protection optimale. Évitez les masques de coton simple et en particulier ceux au travers desquels on voit le jour. Privilégiez des masques jointifs aux arêtes du nez, en intissé (e.g. masque chirurgical avec pince-nez). Il nous faudra respecter des distances métriques entre nous et privilégier les endroits bien ventilés permettant la dispersion rapide des émissions en aérosol.


[1] Les articles du Monde :

[2] Les articles des collègues de Qualité de la Science Française :

[3] L’UDICE est une émanation de la CURIF, association proche de LREM qui a proposé le nom de Mme Vidal pour occuper les fonctions ministérielles. L’UDICE rassemble les présidences d’Aix-Marseille Université, de Sorbonne Université, de l’Université Claude Bernard Lyon 1, de l’Université Côte d’Azur, de l’Université de Bordeaux, de l’Université de Paris, de l’Université de Strasbourg, de l’Université Grenoble Alpes, de l’Université Paris Saclay, de l’Université Paris Sciences et Lettres. L’UDICE a coécrit une large part de la LPR.

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Pourquoi allons-nous manifester ce mardi, à 15h ?

Il faudrait d’abord examiner les raisons pour lesquelles beaucoup d’entre nous ne vont plus manifester pour l’Université et la recherche depuis dix ans : l’inefficacité de ce mode d’action pour obtenir des transformations effectives du système — mais que dire, alors, des tribunes et des pétitions ? —, une désaffection vis-à-vis des mouvements corporatistes qui ont conduit à l’émergence du HCERES ou de l’ANR, et donc au développement de la précarisation de nos métiers, voire vis-à-vis des organisations syndicales. À ces raisons s’ajoutera demain la nécessité de ne pas contribuer à des chaînes de propagation épidémiques.

Pourtant, cette manifestation est une nécessité impérieuse. Nous amorçons une phase de travail de création politique destiné à établir collectivement un contre-horizon pour l’Université et la recherche ; cela change la donne du tout au tout. Nous irons manifester pour défendre l’idée d’une science responsable devant la société, et autonome vis-à-vis de tous les pouvoirs — religieux, politique et économique. Nous irons défendre les conditions effectives de cette autonomie : des moyens récurrents, des postes pérennes et la pleine jouissance des libertés académiques. Mme Vidal a réussi cet exploit qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait atteint : fédérer l’immense majorité des universitaires et des chercheurs actifs, toutes disciplines confondues, toutes sensibilités politiques confondues, ne laissant à ses côtés que la poignée de managers d’Université de l’Udice — émanation de la CURIF qui a coproduit le projet de loi et les amendements sénatoriaux que Mme Vidal n’a même pas eu le courage d’endosser. Nous pensons en particulier à l’amendement instaurant les Califes à la place de la qualif.

Ce « Nous » dont nous rêvions hier sera incarné demain devant la Sorbonne, et nous pouvons prédire que nous en éprouverons une grande joie.

Notre présence à cette manifestation est portée par l’exigence de soutenir le jeune génération en passe d’être sacrifiée. Nous le leur devons. De fait, le projet de loi ne comporte ni rupture budgétaire, ni programmation d’emplois statutaires. À nos enfants, à la société tout entière, nous nous devons de défendre une recherche intègre et un enseignement exigeant, au service de tous.

Nous irons enfin pour nous tenir debout, pour recouvrer notre dignité, après avoir essuyé des mois de mépris. Nous nous le devons, en conscience. Demain, aller manifester ne sera pas une solution de facilité : cela nous demandera le courage d’éprouver les libertés publiques dans une situation tendue. Que l’organisation soit assurée par les collègues juristes doit pouvoir nous tranquilliser sur ce point. Les libertés n’existent que si l’on s’en sert.

Conseils pratiques

Précautions sanitaires

Merci à ceux qui possèdent des masques FFP2 non-médicaux d’en apporter en réserve, pour assurer une protection optimale. Évitez les masques de coton simple et en particulier ceux au travers desquels on voit le jour. Privilégiez des masques jointifs aux arêtes du nez, en intissé (e.g. masque chirurgical avec pince-nez). Il nous faudra respecter des distances métriques entre nous et privilégier les endroits bien ventilés permettant la dispersion rapide des émissions en aérosol.

« Dress code »

Un élément vestimentaire rouge symbolisant le code de l’éducation, des feuilles noires A4 symbolisant les écrans noirs. Le cas échéant, blouses de chimie, toges, ou tout élément visuel de cet ordre.

Précautions légales

« Tout rassemblement, réunion ou activité sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public, qui n’est pas interdit par le présent décret, est organisé dans des conditions de nature à permettre le respect des dispositions de l’article 1er. »

« Les organisateurs des manifestations sur la voie publique mentionnées à l’article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure adressent au préfet de département sur le territoire duquel la manifestation doit avoir lieu (…) une déclaration contenant les mentions prévues à l’article L. 211-2 du même code, en y précisant, en outre, les mesures qu’ils mettent en œuvre afin de garantir le respect des dispositions de l’article 1er du présent décret. »

  • Les organisateurs ont obtenu un récépissé de la préfecture. En cas d’insistance lors d’un contrôle, montrez n’importe quel appel à la manifestation de la part de votre syndicat ou de votre collectif préféré ou demander à faire vérifier le dépôt de la manifestation en préfecture.
Manifestations en ligne
  • Omniprésence sur les réseaux sociaux sous des formes ludiques, originales et joyeuses, avec les hashtags : #EcransNoirs #StopLPR #LPR
    Un nouveau jeu collectif comme #ESREnPeinture permettant l’envahissement numérique serait optimal.
  • Inscrire un slogan sur le site de manifestation virtuelle.
  • Ecrire aux parlementaires, par mail ou sur les réseaux sociaux. Vous trouverez un fichier contenant les coordonnées des Députés en haut à droite de ce site.

Ultime effort

Nous avons presque atteint les 30 000 signatures. Faisons s’envoler cette pétition dans la dernière ligne droite.

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Manifestation (!) / Analyse / Lettre aux Députés

Action

Nous appelons les franciliens à la manifestation du mardi 17 novembre à 15h, place de la Sorbonne pour obtenir la suspension de la loi de programmation de la recherche. Vous trouverez ici l’attestation à produire pour vous rendre à cette manifestation, dont nos collègues juristes garantissent le caractère légal et autorisé.

Plus de 28 000 signatures pour obtenir la suspension de la loi de programmation de la recherche ; mobilisons-nous pour dépasser les 30 000 au moment du vote par l’Assemblée mardi.

Écrans Noirs : Grève des cours en ligne et information des étudiants, jusqu’à mardi au moins.

Soutenir la CP-CNU dans son appel à la démission de Mme Vidal.

Pour empêcher les recrutements d’être placés sous le contrôle des présidences.

Référencer les tribunes et motions sur le site de la CPESR.

Analyse

Le Sénat avait apporté un unique progrès au projet de loi : un accroissement du budget de la recherche, quand le texte de loi initial prévoyait au mieux la stagnation, et plus probablement, sa décroissance, du fait de la loi de réforme des retraites.

Pourquoi les sénateurs du groupe Les Républicains, et en particulier Mme Laure Darcos, ont-ils abandonné en Commission Mixte Paritaire leur seul apport positif au texte de loi, contre l’avis des deux députés du même parti ? Pourquoi se sont-ils ralliés à un budget dont ils ont eux-mêmes longuement montré qu’il était insincère ? Le Verbatim, qu’il est important de lire, nous l’apprend, par la bouche de M. Rapin.

Bercy a promis 100 millions supplémentaires à l’ANR en 2021 pour financer des chercheurs R&D du privé qui seraient accueillis dans les laboratoires publics, ajoutant à ses missions la fonction d’agence d’intérim. Ce type d’accueil n’a à ce jour aucune existence réelle et il est douteux, pendant la crise sanitaire, qu’il se mette en place en 2021. Ces crédits ne seront donc vraisemblablement pas utilisés : non seulement ils seront repris en fin d’année budgétaire, mais Bercy exigera des réformes structurelles de l’ANR pour permettre une meilleure utilisation des fonds de recherche publics détournés vers le privé. On ne peut que constater à nouveau que la recherche scientifique et l’Université n’intéressent pas l’écrasante majorité des parlementaires. L’accroissement du budget de la recherche aurait enfin pu conduire à une création de postes statutaires. La Commission Mixte Paritaire, par 10 voix contre 4, a décidé d’accélérer le décrochage scientifique français, et de poursuivre le sacrifice d’une génération de jeunes chercheurs.

Lettre de RogueESR aux Députés

Paris, le 15 novembre 2020

Mesdames et Messieurs les Députés,

Ce mardi, vous allez avoir la responsabilité, en pleine crise sanitaire, de ratifier ou non une loi dont les conséquences seront dramatiques pour l’avenir de l’Université et de la recherche en France. Cette loi délétère est dotée d’un budget insignifiant et insincère. Non seulement elle va conduire les universités à l’asphyxie, mais elle va gravement amplifier le décrochage de la recherche scientifique française. Notre société a besoin d’une recherche intègre, autonome et donc bien financée pour affronter les crises auxquelles elle doit faire face. C’est de son avenir que vous allez décider.

28 000 signataires, principalement universitaires et chercheurs, vous demandent instamment de suspendre le projet de loi de programmation de la recherche pour concevoir, en concertation avec les universitaires et les chercheurs actifs, une loi à la hauteur des enjeux. Nous vous invitons à prendre connaissance du texte de la pétition ici.

La communauté scientifique alerte depuis longtemps sur la nécessité d’un effort de financement comparable à celui de l’Allemagne, de la Corée ou de la Chine, sur l’urgence d’un programme de recrutement dans tous les corps de métier — Biatss-ITA, universitaires et chercheurs — sur l’impératif de financements récurrents et de garanties des libertés académiques. En l’état, la loi de programmation de la recherche ne répond en rien à cet impératif.

  • La LPR n’apporte de rupture de financement ni pour la recherche, ni pour l’Université. Voir cette note analytique accompagnant la pétition.
  • Les crédits de paiement de la mission Enseignement Supérieur et Recherche du Projet de Loi de Finance 2021 décroissent de 28 664 milliards € à 28 488 milliards €, soit une baisse de 176 millions €.
  • Le plan de « revalorisation » des carrières n’est pas financé, et produira mécaniquement des gels de postes et un surcroît de précarité.
  • Les projets ANR s’étalant sur plusieurs années, avec un décalage de 10 mois entre le dépôt de dossier et la possibilité effective de dépenser le budget, les augmentations du budget de l’ANR en 2021 sont insincères puisque mécaniquement, l’argent ne pourra pas être dépensé, sauf à le reverser aux universités et aux organismes.
  • L’étude d’impact ne permet pas de déterminer les évolutions budgétaires puisque que le programme 150 n’est pas décrit dans son ensemble et que l’effet d’une loi de réformes des retraites n’est pas envisagée. La prendre en compte montre que les budgets de recherche seront financés par prélèvement sur les cotisations sociales des universitaires et des chercheurs.
  • Aucun plan pluriannuel de recrutement statutaire n’est programmé.
  • Aucune évaluation des différentes expérimentations de « chaires junior » n’a été menée. Elle aurait montré une moindre attractivité par rapport aux postes statutaires dans les organismes comme à l’Université.
  • Le Crédit d’Impôt Recherche, niche fiscale inefficace et dispendieuse dont France Stratégie a montré qu’elle avait un effet de levier négatif, a été ignoré dans le projet de loi.
  • La LPR confie aux présidences d’Université le recrutement des contractuels et des professeurs, ainsi que l’attribution des primes, en violation des principes d’évaluation par les pairs. Cela renforcera localisme, clientélisme et médiocrité.
  • La LPR amplifie la bureaucratie par le renforcement des appels à projets, sans le plus petit effort budgétaire pour des crédits récurrents — l’effet du préciput sur les projets n’a pas été étudié dans l’étude d’impact.
  • La LPR dérégule les statuts, accentue la contractualisation et la précarisation plutôt que de renforcer les emplois pérennes.
  • L’effet de la loi sur l’aménagement du territoire est absent de l’étude d’impact. Pourtant, elle favorise la concentration des universités sur quelques pôles géographiques. Cette concentration, comme l’a montré la note de la communauté des géographes, outre la production de déserts scientifiques, participe à la diminution de la productivité scientifique nationale.
  • La LPR s’est faite sans concertation avec les universitaires et chercheurs actifs — mais avec, et au profit de la technostructure du supérieur — en allant jusqu’à faire passer la réforme structurelle la plus importante par un amendement sénatorial au milieu de la nuit.

Pour toutes ces raisons, la Ministre, Mme Vidal, a réussi cet exploit qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait atteint : fédérer contre son projet de loi l’immense majorité des universitaires et des chercheurs actifs, toutes disciplines confondues, toutes sensibilités politiques confondues. Pour restaurer le dialogue avec la communauté de la recherche et de l’Université, vous devez suspendre la loi de programmation de la recherche.

Avec nos respectueux hommages, nous vous prions d’agréer, Mesdames et Messieurs les Députés, l’expression de nos considérations distinguées.

Le collectif RogueESR

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Opération « Écrans noirs » du vendredi 13 au mardi 17

Soutenir la CP-CNU dans son appel à la démission de Mme Vidal.

Pour empêcher les recrutements d’être placés sous le contrôle des présidences.

Opération « Écrans noirs » dans toutes les universités du vendredi 13 au mardi 17 novembre

Nous sommes nombreux à être indignés par le contenu et les conditions d’adoption, en commission mixte paritaire, du projet de Loi de programmation de la recherche (LPR). La suppression de la qualification par le CNU, la création d’un nouveau délit de « trouble à la tranquillité et d’atteinte au bon ordre des établissements » et la poursuite d’une programmation budgétaire indigente et d’une précarisation accrue des emplois dans l’enseignement supérieur et la recherche nous semblent devoir appeler une réaction collective forte de toute la communauté universitaire et de toutes nos instances locales et nationales. Nous proposons que les bureaux de toutes les sections du CNU, que les membres des conseils centraux des établissements et des conseils de composantes et de laboratoires, que les sociétés savantes, que les associations professionnelles, les collectifs et les organisations syndicales appellent l’ensemble des personnels à éteindre leurs écrans et à entrer en grève du vendredi 13 au mardi 17 novembre, date de l’adoption de la loi par l’Assemblée Nationale. Cette grève pourrait éventuellement être prolongée.

Dans cette période très dure pour les étudiantes et les étudiants, nous appelons par la suite à ne plus faire que notre métier — produire, transmettre, critiquer et conserver les savoirs — de sorte à leur accorder toute l’attention nécessaire. Nous appelons en conséquence à arrêter jusqu’à nouvel ordre toute contribution à des jurys de concours de la fonction publique, à des jurys de concours de grandes écoles, à des jurys de baccalauréat, à des jurys d’évaluation et plus généralement à toutes les instances pour lesquelles nous sommes en permanence sollicités.

Facs et labos en lutte, RogueESR, Sauvons l’Université et Université Ouverte

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Enjamber le pire

Nous revenons vers vous avec quelques brèves informations et réflexions.

1. L’information la plus importante, et la plus pénible, vous est peut-être déjà parvenue. La Commission Mixte Paritaire s’est accordée sur un texte de synthèse pour la LPR, suite à une alliance entre la majorité LaReM et les groupes de droite et du centre au Sénat. Le seul point sur lequel le texte n’ait pas été nivelé vers le bas concerne l’assujettissement des libertés académiques aux « valeurs de la République », remplacé par une référence à la garantie constitutionnelle de ces libertés. Ce repli tactique n’efface pas le maintien des amendements sénatoriaux les plus délétères, notamment celui portant sur le CNU, tandis que sur le plan budgétaire, c’est la version de l’Assemblée Nationale, prévoyant un étalement des crédits sur dix ans (contre sept), qui a prévalu. C’est donc le choix du moins-disant budgétaire qui a été fait, malgré la critique unanime, y compris du Conseil d’Etat. La LPR sera validée par des votes formels dans les jours à venir. Nos pensées vont à toutes celles et tous ceux dont cette loi sacrifie l’avenir. Avant tout, il est nécessaire de retisser des liens de solidarité effectifs, concrets : prenons soin les uns des autres.

2. Cette situation rend d’autant plus nécessaire une entreprise de reconstruction politique et programmatique sur la longue durée. Nous en avons posé les jalons lors des journées « Refonder l’Université et la Recherche » des 25 et 26 septembre. Cet effort doit être poursuivi. À nos yeux, un des enjeux de ce travail est de déconstruire les discours selon lesquels les pays dont les performances scientifiques sont supérieures à celles de la France le doivent au choix de la précarité, censée inciter à l’innovation et à l’originalité. Nous reviendrons vers vous très prochainement avec des éléments sur ce sujet, en commençant par une analyse de la situation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en Allemagne et de ses dynamiques récentes.

3. Ce travail implique de conserver la mémoire de nos productions et de nos réflexions. Pour y contribuer, nous avons ouvert ici une archive de nos billets, que nous compléterons dans les jours qui viennent.

Courage à nous, toutes et tous.

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LPR : quel enjeu lundi ? / La CP-CNU appelle à la démission de Mme Vidal

L’examen de la loi de programmation de la recherche touche à sa fin. La commission mixte paritaire de lundi aura à arbitrer entre les textes issus de l’Assemblée et du Sénat sur trois points principaux : la programmation budgétaire, les trois amendements sénatoriaux (n° 147, 150 et 234) que la communauté académique unanime demande de supprimer et la fraction des postes de professeur réservés aux « chaires junior ». Nous avons consacré une courte note analytique à la programmation budgétaire issue du Sénat, que nous vous invitons à consulter et diffuser.

Le Sénat a consenti à un effort financier pour la recherche publique quand le projet de loi initial ne prévoyait, rappelons-le, pas la moindre rupture budgétaire. En revanche, rien de substantiel n’a été prévu pour l’Université, ni dans un texte, ni dans l’autre.

La communauté académique s’est exprimée largement sur le projet de loi. Fait inédit, la commission permanente de la CP-CNU considère aujourd’hui que la Ministre, Mme Frédérique Vidal « ne dispose plus de la légitimité nécessaire pour parler au nom de la communauté universitaire » et appelle à sa démission.

Plus de 27 000 signataires exigent que le débat sur la loi de programmation de la recherche soit informé, et non fondé sur un budget insincère et une étude d’impact lacunaire et fallacieuse.[1]

Plus de 9 000 signataires demandent à la commission mixte paritaire de ne pas concéder le contrôle des recrutements des universitaires aux présidences d’université.[2]

Il est encore temps, d’ici lundi, de signer ces pétitions.

Forts de cet élan, c’est à un tout autre travail qu’il convient de nous atteler désormais pour envisager une transformation effective et profonde de l’Université et de la recherche : un réarmement intellectuel.

En dehors de son budget insincère, la loi de programmation de la recherche s’inscrit dans la trajectoire pensée et explicitée dès 2004 : elle amplifie le recours à la contractualisation, la dérégulation des statuts, le contrôle incitatif par les projets et les primes, la concentration des moyens et la division du travail savant entre des managers de la science et des exécutants précarisés. Comme l’a souligné le Conseil Économique, Social et Environnemental, la loi de programmation de la recherche perpétue une doctrine frappée d’obsolescence, responsable en grande partie du décrochage scientifique du pays : « Peut-on soigner un système avec les outils qui l’ont rendu malade ? » L’éditorial de la revue Nature de cette semaine appelle ainsi le gouvernement français à repenser sa politique de compétitivité scientifique, à la lumière des travaux qui évaluent ses conséquences à l’international. L’Allemagne a entrepris depuis 3 ans un tournant de sa politique de recherche vers une « excellence distribuée », limitant la concentration des moyens et visant à renouer avec un modèle polycentrique, qui a fait par le passé la force du système universitaire allemand. Et l’Allemagne vient de débloquer 50 milliards € — bien réels, contrairement au budget de la LPR — pour son effort de recherche publique.

S’il y a une leçon à tirer de la loi de programmation de la recherche, c’est que rien ne changera si nous n’élaborons pas collectivement un contre-horizon programmatique qui renoue avec les valeurs fondatrices de l’Université et de la recherche énoncées dans ces deux textes :
http://rogueesr.fr/hceres/ et http://rogueesr.fr/retrouver-prise/


[1] La pétition de soutien au projet de loi a été signée par 357 collègues.

[2] La pétition de soutien à l’amendement sénatorial a été signée par 41 collègues.

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Contre la restriction législative des libertés académiques, défendre le legs du 3 novembre 1945

Selon nos informations, la commission mixte paritaire sur la loi de programmation de la recherche (LPR), qui se tiendra le 9 novembre à 15 h, ne devrait pas être conclusive : Bercy n’accepte pas le léger progrès budgétaire de la petite loi votée par le Sénat, qui ramène la programmation de 10 ans à 7 ans. La commission mixte paritaire ne permettra, au mieux, que d’obtenir le compromis le plus favorable entre les projets de loi issus des deux chambres : suppression des trois amendements sénatoriaux et préservation du budget voté au Sénat. Nous continuerons de porter le message des 26500 signataires de la pétition exigeant une suspension de la LPR.

Ce jour, nous avons envoyé le courrier ci-joint aux parlementaires à l’occasion du 75ème anniversaire du Comité Consultatif des Universitaires, devenu depuis le Conseil National des Universités (CNU).

En attendant de sortir du cauchemar.

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25 000 signataires pour redonner un avenir à l’Université et à la recherche

Quatre points dans notre lettre d’information de ce dimanche soir :

1. La pétition demandant la suspension de la loi de programmation de la recherche a passé le cap des 25 000 signatures.

Nous avons écrit un communiqué de presse conjoint Facs et labos en lutte, RogueESR, Sauvons l’Université et Université Ouverte à cette occasion, que vous trouverez ici. Nous vous invitons à le transmettre aux journalistes de la presse régionale que vous connaitriez.

2. La commission mixte paritaire sur le loi de programmation de la recherche (LPR) aura lieu le 9 novembre à 15 h. Il reste donc une semaine pour faire circuler la pétition.

3. La demande de retrait des trois amendements sénatoriaux à la LPR attaquant les libertés académiques et la liberté d’expression fait le consensus dans la communauté académique. Après notre lettre ouverte aux Parlementaires, de nombreux communiqués de défense des libertés académiques ont été publiés. Nous en avons sélectionné deux :

4. S’appuyant sur le vote au Parlement (34 voix pour et 40 contre), le Président de la République a nommé M. Coulhon à la tête du HCERES.