Usage : on ne précise jamais le portefeuille d’un ministre ou d’un conseiller; pour un directeur de cabinet, on utilise simplement Monsieur le Directeur ou « Madame la Directrice ».
Objet : Préoccupations majeures concernant le budget de l’Université et de la recherche
ou
Objet : Alerte sur le financement de l’Université et de la Recherche (PLF 2026)
Formule de politesse en début de courrier :
Madame la Députée,
ou
Monsieur le Député,
ou
Monsieur le Sénateur
ou
Madame la Sénatrice
ou
Monsieur le Ministre
ou
Madame la Ministre
ou
Monsieur le Conseiller
ou
Madame la Conseillère
ou
Monsieur le Directeur
ou
Madame la Directrice
Formule de politesse en fin de courrier :
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur / Madame la Conseillère, l’expression de mes salutations distinguées.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député / Madame la Sénatrice, l’expression de ma considération distinguée.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre / Madame la Ministre, l’expression de ma très haute considération.
Proposition de courrier n°1, itémisée :
En ma qualité d’universitaire, je sollicite votre haute bienveillance concernant les orientations budgétaires du Projet de Loi de Finances 2026 pour l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR). L’analyse des documents budgétaires suscite une vive inquiétude au sein de notre communauté quant à la pérennité de notre service public.
Au-delà des effets d’annonce, la réalité des chiffres est alarmante :
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Une érosion budgétaire réelle : En euros constants, le budget alloué subit une baisse continue (estimée à -1,5 %/an depuis la LPR), particulièrement sévère pour les universités (-2,9 %/an).
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Une asphyxie technique : Les dotations sont grignotées par des mécanismes comptables non compensés (GVT, hausse du point d’indice, coût des mesures sociales) et des ponctions sur la trésorerie d’organismes comme le CNRS.
Ce désinvestissement est d’autant plus incompréhensible qu’il s’opère dans un contexte de dépenses massives pour le secteur privé, dont l’efficacité reste à démontrer :
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Le coût du soutien à l’apprentissage a explosé (x5) pour atteindre 25 milliards d’euros, dépassant le budget total de l’ESR public.
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Le Crédit Impôt Recherche (8 milliards d’euros) demeure sanctuarisé malgré les rapports pointant ses effets d’aubaine.
Il existe aujourd’hui un déséquilibre manifeste et irrationnel entre le financement de ces dispositifs et l’assèchement des dotations de base de nos laboratoires et universités, qui pourtant remplissent leurs missions de manière exemplaire avec peu de moyens.
Si elle est confirmée, cette stratégie transformera nos institutions en simples agences de financement sur projet, incapables de mener une recherche fondamentale de long terme. À l’heure où la souveraineté scientifique est un enjeu stratégique, l’Université française ne peut poursuivre ce décrochage sans conséquences désastreuses.
Connaissant votre attachement à l’avenir de la jeunesse, je vous saurais gré de porter ces interrogations lors des débats budgétaires afin de redonner à l’Université et à la recherche publique les moyens de leurs missions.
Proposition de courrier n°2, synthétique :
Je souhaite attirer votre attention sur la trajectoire critique du budget de l’Enseignement supérieur et la Recherche dans le PLF 2026.
Loin des affichages, le budget réel de l’Université baisse de près de 3 % par an en euros constants. Cette érosion, aggravée par le non-financement des mesures salariales (GVT) et les ponctions sur les trésoreries (CNRS), met en péril nos capacités de recherche et de formation.
Ce choix politique est incompréhensible au regard des 25 milliards d’euros alloués à l’apprentissage et des 8 milliards du CIR, des dispositifs coûteux dont l’efficacité est contestée. Pourquoi fragiliser le service public universitaire, pilier de notre souveraineté et de l’innovation de rupture, au profit de subventions au privé sans contrepartie ?
Nous vous demandons solennellement de rééquilibrer ce budget pour stopper le décrochage de la recherche française. Sans une Université forte et financée à la hauteur de ses missions, nous sacrifions l’avenir de notre jeunesse et notre indépendance scientifique.
Proposition de courrier n°3, colère.
L’Université et la recherche scientifique sont exsangues. Depuis l’adoption de la Loi de Programmation pour la Recherche, les budgets subissent une érosion continue en euros constants : une baisse annuelle de 1,2 % pour la recherche et de 2,9 % pour l’Université. La situation est telle que, depuis 2022, la subvention pour charge de service public ne suffit même plus à couvrir les salaires, creusant un écart abyssal de plus de 2 milliards d’euros pour nos établissements et plongeant le CNRS dans un déficit inédite de 450 millions. Ces artifices budgétaires ne peuvent plus masquer la réalité d’une cure d’austérité qui organise sciemment notre décrochage scientifique, économique et technique. Ne prétendez pas qu’il s’agit là d’une fatalité partagée par les pays riches : c’est faux. Aux États-Unis, le Congrès a rejeté les coupes sombres exigées par Donald Trump, préférant sanctuariser et même augmenter de 2 % les crédits de la recherche fondamentale. Votre Projet de Loi de Finances réussit donc le triste exploit d’être plus destructeur pour l’avenir que l’obscurantisme trumpiste. Cette faillite politique se traduit par une réalité de terrain sordide : dans mon département, pourtant qualifié de « pôle d’excellence », nous n’avons plus ni secrétariat pédagogique, ni appariteur, ni même de photocopieuse, tandis que nos postes disparaissent par dizaines. Malgré ce dénuement, nous nous acharnons à tenir à bout de bras nos missions, à former la jeunesse et à produire les savoirs indispensables pour affronter les crises à venir. Cette abnégation contraste de manière insupportable avec la gabegie d’argent public déversé sur le secteur privé. Le coût du soutien à l’apprentissage a explosé pour atteindre 25 milliards d’euros — dépassant le budget total de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche — pour financer des formations souvent médiocres, voire fictives, sans aucune efficacité démontrée par les évaluations publiques. De même, le Crédit d’Impôt Recherche engloutit près de 8 milliards pour un effet levier sur la R&D désormais négatif. Le secteur privé lucratif se gave d’effets d’aubaine pendant que le service public, d’une efficacité pourtant redoutable par rapport aux moyens alloués, est asphyxié. Nous sommes las de ce mépris et de cette austérité à géométrie variable qui sacrifie l’intérêt général. Après vingt ans de contre-réformes dévastatrices, investir massivement dans la formation et la recherche est une urgence absolue pour éviter à la France et à l’Europe de sombrer dans une vassalisation définitive.
Proposition de courrier n°4, local
Mesdames et Messieurs les députées et députés XXX NOM DU DEPARTEMENT XXX,
en tant que chercheur au CNRS / universitaie basé à XXX Ville XXX, mais aussi militant (pour la première fois de ma vie) pour le NFP lors des élections qui vous ont porté(e)s à l’assemblée nationale sous cette étiquette, je souhaite attirer votre attention sur la trajectoire critique du budget de l’Enseignement supérieur et la Recherche dans le PLF 2026.
ICI METTRE DES EXEMPLES CONCRETS, UN TEMOIGNAGE AUTHENTIQUE SUR VOTRE LABO, VOTRE UFR, VOTRE UNIVERSITE.
Loin des affichages, le budget réel de l’Université baisse de près de 3 % par an en euros constants (cf. graphiques ci-dessous). Cette érosion, aggravée par le non-financement des mesures salariales (GVT) et les ponctions sur les trésoreries (CNRS), met en péril nos capacités de recherche et de formation.
Ce choix politique est incompréhensible au regard des 25 milliards d’euros alloués à l’apprentissage et des 8 milliards du CIR, des dispositifs coûteux dont l’efficacité est contestée. Cela fragilise le service public universitaire, pilier de notre souveraineté et de l’innovation de rupture, au profit de subventions au privé – sans contrepartie.
Nous vous demandons solennellement de rééquilibrer ce budget pour stopper le décrochage de la recherche française. Sans une Université forte et financée à la hauteur de ses missions, nous sacrifions l’avenir de notre jeunesse et notre indépendance scientifique. Cela me paraît dramatique.
Je vous prie d’agréer, Mesdames et Messieurs les Député(e)s, l’expression de ma considération distinguée.
Exemple d’ « élément de réel »
Universitaire depuis 36 ans et ayant dirigé quatre années durant la commission budgétaire de mon université, j’ai pu constater l’évolution, non dénuée d’un certain cynisme, de la politique officielle concernant par exemple les « fonds de roulement » des établissements : il y a 25 ans, ils étaient supposés assurer un mois de fonctionnement (cela relevait d’ailleurs d’une obligation à respecter sous le contrôle de l’administration rectorale); aujourd’hui, la même politique officielle enjoint de les assécher pour équilibrer les budgets annuels et corriger la baisse réelle des crédits. Le résultat est que plus de 60% des établissements sont en déficit budgétaire structurel et que ceux qui ne le sont pas ont quasiment épuisé leur fond de roulement.
Proposition de courrier n°5,
Je me permets de solliciter votre attention, en ma qualité d’universitaire, sur les orientations budgétaires du Projet de Loi de Finances 2026 pour l’Enseignement supérieur et la Recherche. L’analyse détaillée des crédits suscite, au sein de notre communauté, une inquiétude légitime quant à l’avenir du service public.
Au-delà des affichages globaux, l’examen en euros constants révèle une trajectoire inquiétante : le budget effectif subit une érosion continue depuis la Loi de Programmation de la Recherche (-1,5 % par an), une baisse qui s’accentue spécifiquement pour l’Université (-2,9 %). À cela s’ajoutent des mécanismes comptables délétères (GVT non compensé, ponctions sur la trésorerie d’organismes comme le CNRS) qui fragilisent rapidement notre écosystème scientifique.
Ces arbitrages interrogent d’autant plus qu’ils contrastent avec la dépense publique dynamique vers le secteur privé. Le soutien à l’apprentissage (25 milliards d’euros) dépasse désormais le budget total alloué à l’Université et à la recherche publiques, tandis que le Crédit Impôt Recherche (8 milliards d’euros) demeure sanctuarisé. Ce déséquilibre entre des aides aux entreprises souvent jugées inefficientes et l’assèchement des dotations de base de l’Université apparaît comme un non-sens budgétaire.
Cette stratégie risque de transformer nos institutions en simples guichets de financement sur projet, affaiblissant le statut des personnels et la recherche fondamentale. Face aux enjeux de souveraineté scientifique, l’Université française ne saurait poursuivre ce décrochage sans hypothéquer l’avenir.
Je forme le vœu que vous puissiez relayer ces alertes lors des débats, pour garantir à la recherche publique des moyens dignes.
Proposition de courrier n°6 , exhaustif :
Je me permets de solliciter votre attention en ma qualité de citoyenne et d’universitaire, afin de vous alerter sur la situation budgétaire critique des universités et de la recherche publique en France. Votre engagement au sein du groupe [XXX] et votre rôle de parlementaire m’incitent à vous faire part de mes préoccupations, dans l’espoir que ces enjeux puissent retenir votre vigilance.
Depuis les années 2000, j’ai pu constater, comme beaucoup de mes collègues, une dégradation progressive du financement de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR). Les mesures incrémentales, les lois d’autonomie ou de programmation successives ont conduit à un assèchement des ressources et à une bureaucratie paralysante, qui entravent aujourd’hui la mission essentielle de notre système public : offrir à la jeunesse les moyens de s’émanciper, de comprendre le monde et de construire une société épanouie.
Si je ne doute pas de l’importance que vous accordez à ces objectifs, l’urgence qui m’amène à vous écrire concerne spécifiquement le budget alloué à l’université et à la recherche publique. La Subvention pour Charges de Service Public (SCSP) a ainsi diminué de 1,5 % par an depuis 2021 pour les programmes 150, 172 et 193, au point de ne plus couvrir les dépenses de personnel. Parallèlement, une part croissante du budget national est redirigée vers le secteur privé, notamment à travers :
- Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR), qui représente environ 7,5 milliards d’euros de créances annuelles depuis 2020 ;
- La réforme de l’apprentissage, dont le budget est passé de 5 à 27 milliards d’euros entre 2017 et 2019 (soit une multiplication par cinq), équivalant à deux fois le budget total des universités, mais bénéficiant principalement à des organismes privés.
Ces choix budgétaires soulèvent une question politique majeure : celle de l’efficacité et de la cohérence des priorités fixées. À ce jour, aucune évaluation ne démontre que ces mesures ont atteint les résultats escomptés. Pour comparaison, le Congrès américain a récemment rejeté les coupes budgétaires massives proposées par l’administration Trump, rétablissant même une partie des financements fédéraux pour la recherche fondamentale (+2 %). La France risque-t-elle de devenir le seul pays à appliquer une logique d’austérité aveugle, au détriment de son avenir intellectuel et social ?
Je ne prétends pas détenir de solution miracle, mais je souhaitais attirer votre attention sur ces alertes répétées, portées par une communauté universitaire de plus en plus inquiète. Peut-être pourriez-vous, dans le cadre de vos fonctions, interroger ces orientations ou soutenir des initiatives visant à rééquilibrer ces arbitrages budgétaires ?
Je vous remercie par avance pour l’attention que vous porterez à ce message, et reste à votre disposition pour échanger plus en détail sur ces sujets si vous le souhaitez.