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Le vent se lève !… il faut tenter de vivre !

Construction de la plateforme programmatique de RogueESR pour 2022

Nous en sommes à ce jour à une vingtaine de propositions, sur les trente ou quarante que nous aimerions récolter pour ouvrir un contre-horizon programmatique, positif et désirable. Nous avons reçu plusieurs demandes d’étalement du calendrier pour soumettre des propositions. Les programmes électoraux devant être bouclés dès l’été, nous différons la date limite au 24 mai.

Une seconde demande récurrente a trait au chiffrage, aussi bien sur le plan budgétaire que sur celui des moyens humains : combien de postes faudrait-il créer dans les différents corps de métier pour répondre aux besoins ? En particulier, comment estimer l’ampleur du plan de rattrapage pour l’emploi titulaire, dans un contexte où nos établissements tiennent pour beaucoup grâce aux vacataires et aux contractuels ? Nous partageons ce souci d’étayer le débat par des données chiffrées. Le chiffrage général de la plateforme devra procéder d’une analyse des besoins sociaux et des missions que nous assignons collectivement à l’Université et à la recherche : nous vous le présenterons en septembre. Mais pour éclairer votre vote, nous nous efforcerons de faire figurer les premières estimations chiffrées lorsqu’il vous faudra départager les propositions début juin.

Réouverture de l’Université en septembre ?

La situation sanitaire est sur une ligne de crête. D’une part, il est probable que des variants plus contagieux que la souche mutante B1.1.7 (« anglaise ») prennent le dessus dans les mois qui viennent, notamment le variant P.1 qui ravage l’Amazonie brésilienne autour de Manaus et le variant B.1.617 qui lamine l’Inde et le Népal, et a fait une percée en Angleterre. C’est le sens de l’avertissement lancé par le Conseil scientifique ce 6 mai. De l’autre, nul ne sait encore ce que sera à la rentrée la couverture vaccinale de la population dans son ensemble, et des étudiants en particulier.

Personne ne saurait se satisfaire de la pérennisation de pis-allers hybrides. Il est donc indispensable de mettre en œuvre ce qui aurait dû être fait dès le printemps 2020 : une sécurisation sanitaire de nos établissements. Les techniques sont parfaitement connues, testées, éprouvées et budgétairement chiffrées. Nous regardons avec envie des établissements étrangers qui, comme l’université de Toronto, sont montés en gamme pour la ventilation des locaux, prévenant les maladies respiratoires pour les décennies à venir. Faut-il tenter, pour la troisième fois cette année, d’obtenir un rendez-vous à Matignon, à l’Elysée ou au ministère pour une délégation pluridisciplinaire de scientifiques ? Vous pouvez continuer de soutenir notre démarche ici.

Avant de pouvoir nous retrouver, en plein air, dans le cadre de notre partenariat avec le séminaire Politique des sciences, nous vous proposons un webinaire le 17 mai 2021 à 17h30 sur la propagation du SARS-CoV-2 par voie d’aérosol et sur les techniques de sécurisation sanitaire permettant de diminuer le risque de contamination et la circulation du virus.

Rapport sur le recrutement des professeurs des universités et des maîtres de conférences

La communauté académique a pu prendre connaissance d’un rapport rédigé par quelques anciens universitaires, relatif au recrutement des enseignants-chercheurs, et synthétisant le résultat de consultations auxquelles ont essentiellement été conviés d’autres bureaucrates.

Dans la foulée, un projet de décret a circulé, confirmant que ce type de « consultations », comme les rapports préparatoires à la LPPR en leur temps, sert essentiellement à fabriquer le consentement à des décisions déjà prises. 

Ce rapport, comme à l’accoutumée, mobilise le thème de la « confiance » pour justifier la dérégulation complète du recrutement des universitaires et la transformation du CNU en simple instance de « suivi de carrière », c’est-à-dire en nouvelle bureaucratie d’accompagnement et de surveillance, avant que la « modulation des services » envisagée par le Ministère depuis une quinzaine d’années ne soit mise en œuvre. Ce que les rédacteurs prennent pour de la « défiance des universitaires envers les universitaires », c’est simplement la conscience d’une évidence : l’Université n’est pas exempte de relations de pouvoir, a fortiori dans une situation de pénurie organisée, couplée à des incitations institutionnelles au favoritisme et au conformisme. En revanche, le rapport passe sous silence la défiance du ministère envers les représentants élus de la communauté, garants des libertés académiques, tout comme celle des présidents d’université envers les membres extérieurs, pourtant universitaires, dans les instances de recrutement.

Mais c’est bel et bien comme universitaires que nous refusons notre confiance aux représentants de la strate managériale, qui croient ici toucher du doigt leur rêve : faire des présidents d’université les patrons des enseignants-chercheurs, à l’intérieur d’un système autoritaire, clientéliste et normatif. De ce point de vue, ce rapport fait système avec le tour de vis initié par le PDG du CNRS, M. Antoine Petit, qui tente d’empêcher la publication des listes d’admissibilité aux concours de recrutement de cet établissement. Réaffirmons-le : il n’y a pas de liberté académique possible là où les sphères dirigeantes entendent imposer le contrôle, le secret et le silence.

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