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Panser la pandémie (partie 2)

Après avoir reconstitué la chronologie de la pandémie de coronavirus dans une première vidéo, co-produite  avec le séminaire Politique des sciences de l’EHESS, voici une approche historique montrant qu’elle ne se réduit pas à sa composante biologique : comme toute épidémie, c’est aussi une crise sociale, économique et politique, qui aurait dû être gérée ainsi dès le départ. Une troisième partie à venir en analysera les implications éthiques et anthropologiques.

N’hésitez pas à la partager. Les sources figurent sur la page dédiée du séminaire.

Pour mémoire, nous vous invitons à consulter penser la pandémie (partie 1).

Ajout du 11 mai : une annexe à la partie 2, produite ultérieurement, peut être consultée ici.

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Penser la pandémie (partie 1)

Nous avons co-produit  avec le séminaire Politique des sciences une courte vidéo de synthèse et d’analyse de la pandémie, à partir de savoirs issus de différentes disciplines. N’hésitez pas à la partager !

Les sources figurent sur la page dédiée du séminaire.


L’appel à une refondation de l’Université et de la recherche a déjà été signé par 7401 universitaires et chercheurs. Le temps du déconfinement approche : rejoignez-nous.

Prenez soin de vous et de vos proches.

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Parution de la tribune de refondation de l’Université et de la Recherche

Refonder l’Université et la Recherche pour retrouver prise sur le monde et nos vies

L’appel à une refondation de l’Université et de la recherche, signé par 7401 universitaires et chercheurs, a été publié simultanément par plusieurs organes de la presse quotidienne régionale : Médiacités (Lille, Lyon, Nantes, Toulouse), Rue89 Strasbourg, Rue89 Bordeaux, les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il a également été relayé sur Mediapart. La diffusion simultanée dans plusieurs titres régionaux est à l’image de ce nous voudrions soutenir et encourager : une profusion décentralisée d’initiatives appelant, dès la fin du confinement, à refonder l’Université et la recherche.

Vous pouvez maintenant retrouver le texte intégral et la liste des 7401 signataires ici.

Nous vous invitons à diffuser ce texte très largement auprès des collègues, des étudiantes et des étudiants. Il s’agit, pendant cette période de confinement, de connecter toutes celles et ceux qui entendent mener un travail de création politique, secteur par secteur et au delà, en particulier dans la perspective des Assises de la Refondation du 20 septembre 2020.

Camille Noûs

Nous avons reçu de nouvelles questions qui nous ont amenés à préciser le sens de « Camille Noûs » et la contribution, bien réelle,  de la collectivité scientifique qu’elle représente.

Nous compléterons dans les prochains jours par une rubrique questions/réponses sur la manière dont « Camille Noûs » entend promouvoir l’intégrité scientifique contre les dérives engendrées par l’entrepreneuriat de soi. La traduction dans d’autres langue est également en attente de contributeurs éventuels.

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FAQ Camille Noûs

FAQ Camille Noûs

Les initiatives autour de Camille Noûs et du laboratoire Cogitamus se multiplient.

Deux jours après sa naissance, une dizaine d’articles portant la signature de Camille Noûs avaient déjà été soumis ; sa signature a été requise pour l’éditorial commun des revues en lutte et pour la coordination d’un numéro de la revue Mot sur les « mots du travail ». Depuis le lancement de l’opération il y a deux semaines, Camille Noûs est signataire d’un article soumis par jour.

Nous avons mis en ligne des réponses aux questions les plus fréquemment posées sur un site dédié. Nous recherchons des collègues bilingues pour assurer ou améliorer les traductions.

Par ailleurs, nous nous associons à cette pétition visant à défendre l’hôpital public qui a déjà reçu près de 30 000 signatures. N’hésitez pas à la signer et à la partager autour de vous.

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Appel à la refondation de l’ESR

À l’occasion de la candidature collective au Hcéres, nous avons défendu l’idée d’une autonomie du monde savant. Vous trouverez ici une nouvelle tribune à paraître prochainement dans la presse, qui prendra par la suite la forme d’une pétition à destination du grand public. Elle complète notre profession de foi collective en développant l’idée d’une responsabilité du monde savant vis-à-vis de la société, tout en réaffirmant le principe des libertés académiques. Elle entend prolonger la démarche engagée en janvier en l’inscrivant dans un temps plus long, nécessaire à la refondation de l’Université et des autres institutions de recherche dans un contexte de crises multiples. Le confinement auquel nous nous astreignons et la dureté de la période que nous traversons nous invitent à ouvrir de nouveaux horizons.

Vous pouvez vous joindre aux signataires en vous inscrivant sur cette page.

Dès parution de la tribune, nous vous invitons à appeler vos étudiants, leurs familles, l’ensemble des citoyens à signer. Pour diffuser sur twitter, le double hashtag sera: #refonder et #Appel20Mars.

Prenons soin les uns des autres. Courage à nous tous.

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Alex s’appellera Camille Noûs

Alex s’appellera Camille Noûs

Dans la pandémie que nous traversons, nos pensées vont aux malades, à leurs familles et aux personnels hospitaliers. Pendant la phase de confinement, de nombreux articles seront produits et, l’opération Alex étant prête, il nous a semblé raisonnable de ne pas la repousser à des temps moins douloureux. Réaffirmer un « Nous » scientifique résonne au contraire comme un engagement à la solidarité. Peut-être pouvons nous prendre part dès à présent à la reconstruction de la société qui aura nécessairement lieu dans quelques mois.

Sur la base du sondage auquel vous avez été très nombreux à contribuer, la meilleure des solutions pour « Alex » a été déterminée, qui a le mérite d’emporter l’adhésion d’une majorité des suffrages. L’opération est donc lancée dès maintenant, avec ce nom, Camille Noûs, qui du fait des normes éditoriales de nombreuses revues s’écrira la plupart du temps sous sa forme contractée C. Noûs. L’adresse courriel de communication associée est camille.nous@cogitamus.fr.

Une suggestion pour le nom de son laboratoire de rattachement a été proposée plusieurs fois par courrier électronique : Laboratoire Cogitamus / Cogitamus laboratory.

Ce nom nous a semblé parfait, et nous souhaitons cette fois éviter de prendre un mois de plus pour aboutir par sondage à un choix équivalent. Le laboratoire Cogitamus, dont nous évoquons ci-dessous quelques possibilités d’usage, n’a pas d’adresse. Tous ceux qui le souhaitent sont invités à se déclarer chercheur associé ou chercheuse associée au laboratoire Cogitamus.

Comment expliquer à nos collègues ce que représente Camille Noûs ?

Camille Noûs représente la part collective irréductible de notre travail de construction, de critique et de consolidation des savoirs. La recherche repose en effet sur la coopération et sur le partage de travaux antérieurs : il n’y a pas de progrès de la connaissance en-dehors de cette dimension collective, au présent comme au passé, du travail de chercheur. La valeur de la recherche se  mesure donc à son appropriation collégiale, dans le partage, le dialogue et la controverse — autant de pratiques qui fondent les normes à l’aune desquelles nous reconnaissons la qualité d’une recherche. C’est de cette double exigence de collégialité et de qualité que Camille Noûs est le nom.

Sur le plan pratique, « Camille Noûs » fonctionne essentiellement comme un consortium savant tel qu’il en existe dans certaines sciences expérimentales, s’ajoutant aux auteurs proprement dits des publications. Au moins un texte à venir sera directement et exclusivement signé par le consortium, qui acquerra ainsi le statut de véritable auteur : la charte collective multilingue sur les principes de collégialité, de transparence et de qualité sur le respect desquels nous nous engagerons lorsque nous apposerons le nom « C. Noûs » à la liste des co-auteurs d’un article. Cette charte sera basée sur la profession de foi commune pour la candidature à la présidence du Hcéres, une fois celle-ci étoffée et discutée. Nous réfléchissons actuellement aux modalités de rédaction que nous vous proposerons et sommes ouverts à vos suggestions. Sur la base de vos propositions et du volontariat, d’autres textes pourront suivre concernant la déclinaison de ces principes de partage et de controverse collégiale (disputatio), notamment à l’échelle de grands champs disciplinaires. Le consortium « Camille Noûs » vivra et illustrera donc notre exigence commune.

Camille Noûs a vocation à devenir co-signataire de tout ou partie de nos publications, comme signe de notre inscription dans cette démarche collective. Selon les disciplines, les revues peuvent demander de préciser quelle partie d’un travail a été accompli par quelle personne. Dans ce cas, nous vous proposons d’indiquer que Camille Noûs a élaboré ou contribué à élaborer le cadre méthodologique, l’état de la recherche ainsi que les procédures de suivi post-publication, toutes choses qui relèvent effectivement de la construction collégiale des normes de la science.

Comment faire exister et vivre le laboratoire Cogitamus ?

Cogitamus est né de la nécessité de donner une affiliation à Camille Noûs et d’offrir une solution aux chercheurs désireux de s’associer à cette démarche collégiale mais empêchés de le faire par des contraintes diverses. Le statut de « membre associé au laboratoire XXX » est sans incidence budgétaire ou réglementaire et n’a pas de valeur institutionnelle, si bien que se donner une affiliation secondaire à Cogitamus ne présente aucun risque pour quiconque.

Pour autant, donner à ce laboratoire symbolique une existence réelle nous a semblé au fil des jours de plus en plus intéressant. Cogitamus serait à l’évidence délocalisé dans l’espace, omnidisciplinaire et expérimental. Cogitamus pourrait par exemple mettre en place des programmes de recherche au service de l’intérêt général et d’institutions sociales à inventer, qui nous aident à répondre collectivement à la multitude de crises qui s’amplifient mutuellement et auxquelles notre société va avoir à faire face. Par exemple, le projet d’ouvrage collectif préfigurant un système d’Université et de recherche conforme à nos exigences et aux aspirations de la société y aurait toute sa place. En outre, Cogitamus ne comptant que des membres associés, toutes et tous y sont égaux, ce laboratoire fera l’expérience concrète de la liberté académique et du pluralisme, dans l’esprit que les compagnies savantes du début de l’âge moderne entendaient promouvoir. Cogitamus pourra donc, d’une part, servir d’affiliation à de nombreux chercheurs précarisés, et d’autre part, donner un cadre à des recherches novatrices ou mêlant des disciplines et des institutions séparées Si Cogitamus se fonde sur une affirmation des fondements de la démarche scientifique en termes de service du bien commun, de défense des solidarités et d’inscription dans le temps long de l’humanité, ses usages s’inventeront au gré des nécessités.

Accessoirement, Camille Noûs et le laboratoire Cogitamus seront rapidement en tête de tous les classements dont nous n’avons que faire. À nous de les faire vivre conformément à nos aspirations.

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Fin du Mois, début du « nous »

Fin du Mois, début du « nous »

L’opération Alex a été infléchie pour prendre en compte une question récurrente : quel est le sens de ce nom fictif ajouté à un auteur, une autrice, ou une liste d’auteurs, et ne relève-t-il pas d’une falsification — d’un déficit d’éthique ? Par ailleurs, le choix du prénom ayant fait l’objet d’un grand nombre de courriels — si choisir le prénom d’un enfant provoque des tensions dans un couple, on imagine la difficulté pour plusieurs milliers de personnes — nous avons ouvert le choix à l’ensemble des propositions reçues, que nous soumettons à l’appréciation de tous pour une adoption sous quatre jours.

La nouvelle proposition se fonde sur l’idée selon laquelle Alex (gardons temporairement ce prénom) représente la communauté académique. Alex est une personnalité morale qui vaut pour l’ensemble des savants s’inscrivant dans le « nous » scientifique au sein duquel s’élaborent les normes probatoires et les formes de la disputatio. Alex s’apparente à un consortium scientifique, comme cela se pratique, par exemple, en physique des particules. À quel titre la signature d’Alex, valant pour la communauté savante, serait-elle alors ajoutée aux auteurs proprement dits ? Alex serait d’abord la reconnaissance de la dimension collective de la recherche, comme production irréductible aux fragmentations disciplinaires. Alex serait l’affirmation d’un monde savant animé par son mouvement propre de questionnement endogène, qui crée le savoir comme un commun de la connaissance qu’aucun intérêt particulier ou privé ne peut s’approprier. Alex serait porteur de la revendication d’une recherche, désintéressée, de vérités irréductibles à toute dimension utilitaire. Alex procéderait d’une garantie d’éthique intellectuelle fondée sur l’exigence et la qualité scientifique, accordée par les pairs.

Dans notre prochain courrier, nous proposerons un document détaillant le sens d’Alex et sa légitimité de signataire, nécessaire pour convaincre nos co-auteurs du bien-fondé de l’opération. Dans cette première phase, le degré d’éthique des articles labellisés ne sera fondé que sur l’engagement de ses co-auteurs. Par la suite, une fois l’opération Alex révélée par une tribune internationale, nous pourrons, discipline par discipline, convenir d’une manière de faire reconnaître Alex comme garantie d’intégrité et d’exigence. Si nous parvenons à infléchir le système de publications scientifiques dans un sens conforme aux fondements du travail savant, Alex pourrait devenir une signature accordant du crédit, et recherchée à ce titre par les éditeurs.

Cette élaboration sur le rôle essentiel de la communauté scientifique dans toute publication, ne doit pas masquer le caractère joyeux de la promotion de cette figure allégorique au rang de scientifique le plus productif de la planète et, rapidement, le plus cité.

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Courrier au Premier ministre

Vous trouverez ci-dessous le courrier envoyé ce jour au premier ministre, suite à l’éviction sans examen de nos candidatures à la présidence du Hcéres, annoncée… par l’entremise de deux agences de presse.

À l’attention de :

M. Édouard Philippe, Premier ministre

CC/ Mme Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation
M. Thierry Coulhon, conseiller éducation, enseignement supérieur, recherche et innovation du président de la République
M. Philippe Baptiste, conseiller éducation, enseignement supérieur, jeunesse et sports du Premier ministre
Mme Anne-Sophie Barthez, directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle
M. Bernard Larrouturou, directeur général de la recherche et de l’innovation

Objet : Irrégularités dans le concours en vue de pourvoir la présidence du Hcéres

Monsieur le Premier ministre,

Un appel à candidature en vue de pourvoir la fonction de président ou de présidente du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) est paru au Journal officiel le 26 décembre 2019. Plus de 1 350 candidates et candidats ont transmis leur dossier de candidature pour occuper cette fonction, avec un objectif commun : réaffirmer les principes de collégialité et de disputatio entre pairs au fondement de la recherche scientifique. 5418 universitaires et chercheurs se sont associés à cette démarche visant à renouer avec une recherche exigeante, réaffirmant la responsabilité des chercheurs vis-à-vis de la société et l’autonomie du monde savant vis-à-vis de tous les pouvoirs dont l’exercice de la science dépend. Ces candidatures, parfaitement recevables individuellement, ont en partage une même profession de foi, parue sous la forme d’une tribune dans Le Monde, le 20 janvier 2020.

Par l’entremise de deux agences de presse privées, le ministère a annoncé le rejet de ces candidatures à la présidence du Hcéres, avant même d’envoyer des courriers aux candidats. À notre connaissance, seule une infime partie des candidats a reçu un accusé de réception par voie électronique. Le ministère a été jusqu’à refuser de délivrer les récepissés des candidatures déposées en mains propres, valant recommandé avec accusé de réception.

Ces graves anomalies invitent à penser que tous les dossiers n’ont pas été traités de manière équitable par l’administration, ce qui fait peser une incertitude juridique réelle sur le déroulement de la procédure. Aucune réponse n’a été apportée à notre courrier, en date du 3 février, demandant à connaître le détail de la procédure d’évaluation des dossiers de candidatures. On peut légitimement douter de l’existence de critères objectifs permettant d’éliminer plus de 99,9% des candidats, et supposer de forts biais idéologiques. Dès lors, le déficit patent de transparence du concours de recrutement à la présidence de l’institution en charge de l’évaluation de la recherche et des formations est un aveu de l’absence d’indépendance de cette institution, en rupture avec l’autonomie nécessaire à la démarche scientifique.

Le courrier des directions générales aux candidats — que l’agence de presse News Tank s’est procuré mais que nous n’avons pas reçu — ne contient aucun motif justifiant le rejet des candidatures. Cette omission conforte les analyses formulées dans la profession de foi commune : les instances ministérielles ne sont pas compétentes pour examiner la qualité de travaux savants, n’ont pas la légitimité pour statuer sur la qualité des formations. L’agence de presse privée AEF fait état de trois candidatures qui n’auraient pas été écartées. Vue l’absence de transparence dans le déroulement du concours, aucune de ces trois personnes ne pourra assumer les responsabilités de présidente ou de président de l’Hcéres. Nous pensons donc qu’elles auront à cœur de suspendre leur propre candidature.

Dans notre courrier du 3 février, nous proposions à Madame la ministre et aux directions générales une rencontre publique, assortie de garanties minimales. Nous réitérons notre offre et serions évidemment disposés à débattre avec les trois autres candidats. Nous demandons au préalable que soient dévoilés la procédure et les critères objectifs de sélection d’un président ou d’une présidente de l’Hcéres garant de l’autonomie nécessaire du monde savant et des libertés académiques. Nous réaffirmons, enfin, les conditions effectives de cette autonomie détaillées dans la profession de foi collective.

Avec nos respectueux hommages, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre très haute considération.

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Le 5 mars, on arrête tout, on réfléchit…

Dur Alex, sed lex

Nous avons dépouillé le sondage sur l’opération Alex et discuté la centaine de mails reçus à cette occasion :

  • 2 000 collègues sont prêts à participer à l’opération : les conditions du succès sont donc réunies ;
  • Le prénom « Alex » ne convainc pas ; il faut donc proposer de nouveaux choix dans un sondage à venir ;
  • Nous est le seul nom de famille qui emporte une large adhésion ;
  • Une majorité se dégage en faveur de l’effet de surprise ;
  • Beaucoup de collègues souhaiteraient conférer à « Alex » une légitimité — sinon une légalité — d’auteur collectif, comme cela se pratique dans les grandes collaborations, en lui conférant un rôle spécifique dans les articles : celui de la communauté savante, garante d’exigence et de normes d’éthique intellectuelle. L’élaboration de cette “collaboration” inspirée de la physique des grands instruments exige un peu de temps pour en étudier la faisabilité ;
  • L’engagement dans un « Nous » que certifie la présence d’« Alex » parmi les auteurs demande à être explicité en prenant en compte les spécificités disciplinaires.

Appel à contributions

Nous souhaitons ouvrir le collectif RogueESR. L’occasion nous est offerte grâce au projet de deux ouvrages que nous souhaitons penser et écrire collectivement dans la période qui vient :

  • un dictionnaire intitulé « Eux / Nous » définissant de manière précise, et parfois ironique, à la manière de Candide, les mots en usage dans la novlangue qui contamine notre métier mais aussi les mots qui seraient porteurs d’une nouvelle conception de l’Université et de la recherche. Une attention toute particulière sera accordée aux faux-amis — ces termes dont la forme est commune aux deux langues, la nôtre et la leur, mais dont le sens diverge.
  • un ouvrage (en français puis en traduction anglaise) de création politique sur le système d’Université et de recherche que nous entendons instituer et faire vivre.

Le 5 mars, on arrête tout, on réfléchit…

La candidature collective à la présidence du Hcéres, les prises de position nombreuses dans la presse écrite, les interpellations votées par les conseils d’unités de formation et les laboratoires, mais aussi par certaines sociétés savantes et certaines revues, l’appel à interrompre totalement les activités des universités et des laboratoires le jeudi 5 mars ou le refus, individuel ou collectif, de participer aux vagues d’évaluation en cours, sont autant de signes d’une volonté du monde savant de réaffirmer ses valeurs fondatrices : l’autonomie et la responsabilité vis-à-vis de la société.

Nous co-organisons un troisième séminaire exceptionnel sur l’histoire de l’Université, pensé comme une contribution à ce temps suspendu. La séance est ouverte. Elle aura lieu à l’EHESS, de 17 à 21h, le 5 mars, en salle Lombard, 96 bd Raspail, à Paris, et sera retransmise en direct.

Depuis sa naissance au XIIIe siècle, l’Université a connu une alternance de phases où elle a su se réinventer et se réinstituer, en renouant avec l’idée fondatrice d’autonomie du monde savant, et de reprises en main par le pouvoir. L’histoire politique, sociale et institutionnelle permet de saisir ce qui, dans la situation présente, hérite des siècles passés — il suffit de penser à ce qui persiste de la partition de l’Europe entre systèmes napoléonien et humboldtien. Mais l’histoire fonctionne aussi comme réservoir de possibles. Elle permet de réaffirmer les valeurs fondatrices du monde académique, dans un travail de création politique visant à imaginer un système d’Université et de recherche qui puisse contribuer à affronter la triple crise inégalitaire, climatique et démocratique que traversent nos sociétés.

Nathalie Gorochov : Libertés académiques, contestation et grève dans les premières universités d’Europe (1200-1231).

Christophe Charle : Pourquoi les gouvernements n’arrivent-ils pas à gérer l’enseignement supérieur depuis les années 50 ? Pourquoi les universitaires ne savent-ils pas ce qu’ils veulent et ne savent-ils pas se défendre ?

Emmanuelle Picard : Histoire institutionnelle de la profession académique contemporaine.

Charles Soulié : La refondation de l’université française après 68.

Pour recevoir les annonces, une fois par mois du séminaire Politique des sciences, vous de vous inscrire à sa liste de diffusion.

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Opération Alex

Opération Alex

Les participants à la candidature collective à la présidence du Hcéres ont reçu une proposition d’entretien avec un conseiller ministériel spécialisé dans l’évaluation. Ils ont adressé le courrier suivant à la ministre, Mme Vidal, signé de nos 5418 noms.

Aucune réponse n’a été apportée à ce jour. Ni les récépissés, ni les accusés de réception n’ont été délivrés, malgré les promesses de M. Monetti, chef de cabinet de la ministre, en partance pour Nice comme colistier de M. Estrosi. Nous préparons donc des recours administratifs et envisageons d’interpeller l’exécutif et la représentation nationale.

De nombreuses propositions nous sont parvenues pour réaffirmer les valeurs collégiales de la science, revendiquer un « nous », constitutif de la communauté savante, le seul à même d’instituer les modalités de la disputatio et les normes de probation scientifique. Une suggestion est apparue comme pouvant être immédiatement mise en œuvre : ajouter un/une scientifique imaginaire, allégorique, au prénom épicène, à la liste des auteurs de nos publications, quand cela est possible ; un nom identique dans toutes les disciplines, avec rattachement à la même unité de recherche fictive. La conséquence la plus immédiatement visible sera qu’en l’espace de quelques mois des centaines d’articles feront de ce nom le premier publiant de la planète, et de son faux laboratoire la première unité de recherche mondiale, avec pour conséquence de fausser une partie des statistiques bibliométriques et de démontrer l’absurdité de l’évaluation quantitative individuelle. Surtout, à plus long terme, cette signature fonctionnera comme un label de collégialité et donc de qualité, dont les principes seront explicités en plusieurs langues sur un site dédié. Un tel label vaudra réaffirmation, au cœur même du dispositif de mise en concurrence des individus et des institutions, d’un « nous » scientifique associé à un ensemble de pratiques communes. Cette signature tiendra lieu d’engagement à des pratiques intègres, à une éthique intellectuelle, à une exigence vis-à-vis des normes de probation scientifique.

La perte d’autonomie de la communauté académique n’est pas spécifiquement française. C’est pourquoi il nous semble important de faire vivre un « nous » que les collègues étrangers pourront s’approprier s’ils le souhaitent, ce qui implique de choisir un prénom épicène international ; après examen, nous proposons Alex.

Une telle initiative ne sera couronnée de succès que si nous avons l’assurance que d’autres collègues, en nombre, y contribuent. Nous vous proposons de répondre à un questionnaire afin de nous dire si vous pensez que l’idée doit, ou non, être mise en œuvre et, le cas échéant, afin d’en affiner les modalités et d’arrêter le choix de ce nom « commun ».