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Que devient Camille Noûs ?

Cela fait maintenant trois mois que nous vous avons transmis la proposition d’une signature collective appelée à devenir une contribution significative de la communauté de recherche à nos travaux pour en faire une marque d’intégrité scientifique. Vous avez choisi le nom de « Camille Noûs » pour incarner cette initiative, et « Cogitamus » comme nom du laboratoire de rattachement de Camille, unité de recherche à laquelle nous pouvons toutes et tous revendiquer une affiliation secondaire si nous souscrivons aux principes avancés en mars.

« Camille Noûs » du Laboratoire Cogitamus est donc pensé(e) comme un consortium scientifique créé pour affirmer le caractère collaboratif et ouvert de la création et de la diffusion des savoirs, sous le contrôle de la communauté académique.

Il nous semble important de revenir vers vous pour présenter un bilan chiffré, sur la base des données que nous avons pu collecter. Trois mois après son lancement, la signature de Camille Noûs a été jointe à une cinquantaine d’articles, dont dix ont d’ores et déjà été publiés, majoritairement en SHS, mais aussi en sciences naturelles, chez plusieurs éditeurs français et internationaux. Deux appels à communication nous ont été signalés comme étant lancés par Camille Noûs. Simultanément, son nom a aussi été associé à plusieurs textes en défense de l’institution scientifique.

Cette initiative a également donné lieu à des réflexions et discussions autour de la notion d’intégrité scientifique. Vous trouverez ici, au format FAQ, une réponse basée sur les questions et arguments échangés avec plusieurs d’entre vous via l’adresse de contact camille.nouscogitamus.fr.

En outre, nous voudrions vous rappeler deux autres initiatives prises par des membres du collectif RogueESR :

  • la série de vidéos « Penser la pandémie », produites en collaboration avec des membres du séminaire Politique des Sciences de l’EHESS, dont le 3ème épisode est ici :
  • un questionnaire visant à faire un point sur notre état d’esprit face aux enjeux actuels de l’ESR après les épreuves de ces derniers mois.

Enfin, il nous semble important de signaler à celles et ceux d’entre vous qui n’auraient pas reçu cette information que le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche entend présenter le projet de loi de programmation pluriannuelle pour la recherche (LPPR) aux instances paritaires à partir du 12 juin pour un passage en conseil des ministres le 8 juillet.

Prenez soin de vous et de vos proches.

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La société masquée

Vous trouverez ici la troisième et avant-dernière vidéo co-produite avec le séminaire Politique des sciences de l’EHESS :

Dans les deux premières vidéos, nous avons envisagé la pandémie du Covid-19 à l’échelle macrosociale. Dans celle-ci, il s’agit plutôt de réfléchir aux types d’individus que postulent les politiques publiques actuelles, comme aux comportements et aux façons de penser qui, à notre échelle personnelle, seraient les plus à mêmes d’incarner des réponses réfléchies et solidaires à la crise. Nous aborderons les problèmes que posent le confinement, les masques et les tests, qui questionnent l’exercice de notre liberté et de notre responsabilité dans le cadre de rapports ambivalents avec un Etat tout à la fois omniprésent et impuissant.

N’hésitez pas à la partager, ainsi que les vidéos précédentes :

Penser la pandémie (partie 1)

Panser la pandémie (partie 2)

La mort, plus nue que la vérité (annexe à la partie 2)

Les sources figurent sur les pages dédiées du séminaire pour la première et la deuxième parties.

La dernière vidéo sur la crise que nous traversons portera sur l’Université et la recherche, en préparation du 20 septembre.

Vous avez été très nombreux à répondre au questionnaire sur l’enseignement supérieur et la recherche, et à nous faire retour sur ses imperfections et limites. Il nous manque quelques milliers de réponses pour atteindre 10 000 questionnaires complets, qui nous permettraient une étude statistique qui ait un sens. Il serait souhaitable que ce questionnaire soit rempli par le plus grand nombre possible de personnes, indépendamment de leur positionnement ces derniers mois.

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Questionnaire ESR / #FreeFariba

Ce billet comprend deux sollicitations, l’une pour un questionnaire sur l’enseignement supérieur et la recherche et l’autre pour obtenir la libération de notre collègue Fariba Adelkhah et défendre les libertés académiques.

Questionnaire sur l’enseignement supérieur et la recherche

Les semaines et les mois qui ont précédé le confinement ont montré l’urgence d’une réappropriation collective de l’Université et de la recherche, passant par la réaffirmation d’un « Nous » partagé par toutes celles et tous ceux qui les font vivre indépendamment des tutelles et des intercesseurs. La crise sanitaire et l’expérience du confinement ont souligné l’importance d’une science forte et autonome dans l’intérêt même de la collectivité. C’est le sens de notre appel du 20 mars à se saisir d’un projet de refondation de la recherche et de l’université, qui a été signé par 7401 personnes.

Dans le même temps, ces événements ont bouleversé nos pratiques, modifié nos sociabilités d’une façon que la reconstruction d’un « Nous » ne peut sans doute ignorer, et beaucoup d’entre nous avons eu à souffrir de cette période difficile. La fin de l’année de l’année universitaire s’annonce délicate et la rentrée 2020 est source de beaucoup d’interrogations.

Dans ces conditions, si nous voulons reconstruire ce « Nous » et reprendre notre mouvement de refondation, il est sans doute nécessaire de voir où nous en sommes collectivement et quel regard nous portons sur la situation actuelle. C’est pourquoi RogueESR vous propose de consacrer 12 minutes à un questionnaire, qui vise à faire le point sur les enjeux importants du moment : déconfinement, réformes, précarité, collégialité, édition scientifique et bibliométrie et positionnement du monde scientifique et universitaire dans le contexte de la crise écologique. Dans chaque section, les questions cohabitent avec des demandes d’évaluation de propositions ou d’arguments entendus ici ou là, et vis-à-vis desquels il peut être pertinent de voir si un positionnement commun se dégage. De ce fait, il serait souhaitable que ce sondage soit rempli par le plus grand nombre possible de personnes, indépendamment de leur positionnement ces derniers mois.

En fonction de leur trajectoire individuelle, toutes et tous ne se reconnaîtront sans doute pas dans toutes les questions. C’est une conséquence prévisible de la diversité de nos corps de métiers, de nos secteurs d’activité et de nos statuts. La réinstitution d’une pratique collégiale et autonome de la science ne pourra se faire que par la prise en compte collective de cette pluralité dans la recherche d’un horizon commun. Cette diversité rend donc d’autant plus nécessaire de dégager un diagnostic partagé qui fonde une communauté de vues à partir de laquelle nous pourrons toutes et tous nous projeter vers le travail de refondation et de réappropriation qui devra occuper les mois à venir.

Mobilisation pour la libération de Fariba Adelkhah et la défense des libertés académiques

Les libertés académiques sont non négociables et il nous appartient de les défendre partout où elles sont menacées.

Après onze mois de détention dans la prison d’Evin de Téhéran, Fariba Adelkhah, chercheuse au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences Po, a été condamnée à six ans de prison — cinq ans pour « collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale » et un an pour « propagande contre le système ».

Le comité de soutien a prévu des actions symboliques les 3 et 5 juin.

La première action consiste en la réalisation d’un enregistrement de moins d’une minute (privilégier l’enregistreur de téléphone) sur Fariba, son combat pour la liberté scientifique, la défense des libertés académiques. Tout les collègues sont invités à participer. Il s’agit d’élargir la mobilisation de soutien à Fariba au « grand public » pour qu’il soit bien clair qu’elle n’est ni oubliée ni abandonnée. L’idée de cette action est de rassembler un maximum de petits enregistrements puis de les diffuser le 5 juin, toute la journée, sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #FreeFariba. Les enregistrements doivent parvenir par mail le plus vite possible au comité de soutien (au plus tard, le vendredi 29 mai) en utilisant comme titre: « enregistrement pour Fariba-votre nom-5 juin. »

La seconde action se déroulera le 3 juin de 22h à minuit, principalement à Paris. Si vous êtes assez nombreux dans d’autres villes, l’action peut se démultiplier. Le « street artist » C215 proposera une manière de rappeler visuellement notre volonté de voir Fariba libérée. Contactez le comité de soutien si vous souhaitez participer, et recevoir les détails, avec comme titre « action pour Fariba-3 juin. »

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La mort, plus nue que la vérité

Vous avez été nombreux à réagir à la deuxième vidéo co-produite avec le séminaire Politique des sciences de l’EHESS. Nous avons souhaité ajouter une annexe vidéo permettant de justifier certaines affirmations à partir des courbes de mortalité de la pandémie. À l’aide d’animations graphiques, nous analysons l’effet des politiques publiques et de leur date de mise en œuvre en comparant différents départements français et différents pays européens.

  • A-t-on la preuve que le confinement a sauvé des vies ?
  • A-t-il eu un effet identique à Marseille, à Digne-les-bains à Mulhouse ou à Paris ?
  • Les politiques publiques différentes mise en place en Suède, en Grèce, en Allemagne et en France ont-elles eu des efficacités notablement différentes ?

N’hésitez pas à partager cette annexe à la partie 2, ainsi que les vidéos précédentes: Penser la pandémie (partie 1) et Panser la pandémie (partie 2). Les sources figurent sur les pages dédiées du séminaire pour la première et la deuxième parties.

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Panser la pandémie (partie 2)

Après avoir reconstitué la chronologie de la pandémie de coronavirus dans une première vidéo, co-produite  avec le séminaire Politique des sciences de l’EHESS, voici une approche historique montrant qu’elle ne se réduit pas à sa composante biologique : comme toute épidémie, c’est aussi une crise sociale, économique et politique, qui aurait dû être gérée ainsi dès le départ. Une troisième partie à venir en analysera les implications éthiques et anthropologiques.

N’hésitez pas à la partager. Les sources figurent sur la page dédiée du séminaire.

Pour mémoire, nous vous invitons à consulter penser la pandémie (partie 1).

Ajout du 11 mai : une annexe à la partie 2, produite ultérieurement, peut être consultée ici.

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Penser la pandémie (partie 1)

Nous avons co-produit  avec le séminaire Politique des sciences une courte vidéo de synthèse et d’analyse de la pandémie, à partir de savoirs issus de différentes disciplines. N’hésitez pas à la partager !

Les sources figurent sur la page dédiée du séminaire.


L’appel à une refondation de l’Université et de la recherche a déjà été signé par 7401 universitaires et chercheurs. Le temps du déconfinement approche : rejoignez-nous.

Prenez soin de vous et de vos proches.

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Parution de la tribune de refondation de l’Université et de la Recherche

Refonder l’Université et la Recherche pour retrouver prise sur le monde et nos vies

L’appel à une refondation de l’Université et de la recherche, signé par 7401 universitaires et chercheurs, a été publié simultanément par plusieurs organes de la presse quotidienne régionale : Médiacités (Lille, Lyon, Nantes, Toulouse), Rue89 Strasbourg, Rue89 Bordeaux, les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il a également été relayé sur Mediapart. La diffusion simultanée dans plusieurs titres régionaux est à l’image de ce nous voudrions soutenir et encourager : une profusion décentralisée d’initiatives appelant, dès la fin du confinement, à refonder l’Université et la recherche.

Vous pouvez maintenant retrouver le texte intégral et la liste des 7401 signataires ici.

Nous vous invitons à diffuser ce texte très largement auprès des collègues, des étudiantes et des étudiants. Il s’agit, pendant cette période de confinement, de connecter toutes celles et ceux qui entendent mener un travail de création politique, secteur par secteur et au delà, en particulier dans la perspective des Assises de la Refondation du 20 septembre 2020.

Camille Noûs

Nous avons reçu de nouvelles questions qui nous ont amenés à préciser le sens de « Camille Noûs » et la contribution, bien réelle,  de la collectivité scientifique qu’elle représente.

Nous compléterons dans les prochains jours par une rubrique questions/réponses sur la manière dont « Camille Noûs » entend promouvoir l’intégrité scientifique contre les dérives engendrées par l’entrepreneuriat de soi. La traduction dans d’autres langue est également en attente de contributeurs éventuels.

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FAQ Camille Noûs

Les initiatives autour de Camille Noûs et du laboratoire Cogitamus se multiplient.

Deux jours après sa naissance, une dizaine d’articles portant la signature de Camille Noûs avaient déjà été soumis ; sa signature a été requise pour l’éditorial commun des revues en lutte et pour la coordination d’un numéro de la revue Mot sur les « mots du travail ». Depuis le lancement de l’opération il y a deux semaines, Camille Noûs est signataire d’un article soumis par jour.

Nous avons mis en ligne des réponses aux questions les plus fréquemment posées sur un site dédié. Nous recherchons des collègues bilingues pour assurer ou améliorer les traductions.

Par ailleurs, nous nous associons à cette pétition visant à défendre l’hôpital public qui a déjà reçu près de 30 000 signatures. N’hésitez pas à la signer et à la partager autour de vous.

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Appel à la refondation de l’ESR

À l’occasion de la candidature collective au Hcéres, nous avons défendu l’idée d’une autonomie du monde savant. Vous trouverez ici une nouvelle tribune à paraître prochainement dans la presse, qui prendra par la suite la forme d’une pétition à destination du grand public. Elle complète notre profession de foi collective en développant l’idée d’une responsabilité du monde savant vis-à-vis de la société, tout en réaffirmant le principe des libertés académiques. Elle entend prolonger la démarche engagée en janvier en l’inscrivant dans un temps plus long, nécessaire à la refondation de l’Université et des autres institutions de recherche dans un contexte de crises multiples. Le confinement auquel nous nous astreignons et la dureté de la période que nous traversons nous invitent à ouvrir de nouveaux horizons.

Vous pouvez vous joindre aux signataires en vous inscrivant sur cette page.

Dès parution de la tribune, nous vous invitons à appeler vos étudiants, leurs familles, l’ensemble des citoyens à signer. Pour diffuser sur twitter, le double hashtag sera: #refonder et #Appel20Mars.

Prenons soin les uns des autres. Courage à nous tous.

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Alex s’appellera Camille Noûs

Dans la pandémie que nous traversons, nos pensées vont aux malades, à leurs familles et aux personnels hospitaliers. Pendant la phase de confinement, de nombreux articles seront produits et, l’opération Alex étant prête, il nous a semblé raisonnable de ne pas la repousser à des temps moins douloureux. Réaffirmer un « Nous » scientifique résonne au contraire comme un engagement à la solidarité. Peut-être pouvons nous prendre part dès à présent à la reconstruction de la société qui aura nécessairement lieu dans quelques mois.

Sur la base du sondage auquel vous avez été très nombreux à contribuer, la meilleure des solutions pour « Alex » a été déterminée, qui a le mérite d’emporter l’adhésion d’une majorité des suffrages. L’opération est donc lancée dès maintenant, avec ce nom, Camille Noûs, qui du fait des normes éditoriales de nombreuses revues s’écrira la plupart du temps sous sa forme contractée C. Noûs. L’adresse courriel de communication associée est camille.nouscogitamus.fr.

Une suggestion pour le nom de son laboratoire de rattachement a été proposée plusieurs fois par courrier électronique : Laboratoire Cogitamus / Cogitamus laboratory.

Ce nom nous a semblé parfait, et nous souhaitons cette fois éviter de prendre un mois de plus pour aboutir par sondage à un choix équivalent. Le laboratoire Cogitamus, dont nous évoquons ci-dessous quelques possibilités d’usage, n’a pas d’adresse. Tous ceux qui le souhaitent sont invités à se déclarer chercheur associé ou chercheuse associée au laboratoire Cogitamus.

Comment expliquer à nos collègues ce que représente Camille Noûs ?

Camille Noûs représente la part collective irréductible de notre travail de construction, de critique et de consolidation des savoirs. La recherche repose en effet sur la coopération et sur le partage de travaux antérieurs : il n’y a pas de progrès de la connaissance en-dehors de cette dimension collective, au présent comme au passé, du travail de chercheur. La valeur de la recherche se  mesure donc à son appropriation collégiale, dans le partage, le dialogue et la controverse — autant de pratiques qui fondent les normes à l’aune desquelles nous reconnaissons la qualité d’une recherche. C’est de cette double exigence de collégialité et de qualité que Camille Noûs est le nom.

Sur le plan pratique, « Camille Noûs » fonctionne essentiellement comme un consortium savant tel qu’il en existe dans certaines sciences expérimentales, s’ajoutant aux auteurs proprement dits des publications. Au moins un texte à venir sera directement et exclusivement signé par le consortium, qui acquerra ainsi le statut de véritable auteur : la charte collective multilingue sur les principes de collégialité, de transparence et de qualité sur le respect desquels nous nous engagerons lorsque nous apposerons le nom « C. Noûs » à la liste des co-auteurs d’un article. Cette charte sera basée sur la profession de foi commune pour la candidature à la présidence du Hcéres, une fois celle-ci étoffée et discutée. Nous réfléchissons actuellement aux modalités de rédaction que nous vous proposerons et sommes ouverts à vos suggestions. Sur la base de vos propositions et du volontariat, d’autres textes pourront suivre concernant la déclinaison de ces principes de partage et de controverse collégiale (disputatio), notamment à l’échelle de grands champs disciplinaires. Le consortium « Camille Noûs » vivra et illustrera donc notre exigence commune.

Camille Noûs a vocation à devenir co-signataire de tout ou partie de nos publications, comme signe de notre inscription dans cette démarche collective. Selon les disciplines, les revues peuvent demander de préciser quelle partie d’un travail a été accompli par quelle personne. Dans ce cas, nous vous proposons d’indiquer que Camille Noûs a élaboré ou contribué à élaborer le cadre méthodologique, l’état de la recherche ainsi que les procédures de suivi post-publication, toutes choses qui relèvent effectivement de la construction collégiale des normes de la science.

Comment faire exister et vivre le laboratoire Cogitamus ?

Cogitamus est né de la nécessité de donner une affiliation à Camille Noûs et d’offrir une solution aux chercheurs désireux de s’associer à cette démarche collégiale mais empêchés de le faire par des contraintes diverses. Le statut de « membre associé au laboratoire XXX » est sans incidence budgétaire ou réglementaire et n’a pas de valeur institutionnelle, si bien que se donner une affiliation secondaire à Cogitamus ne présente aucun risque pour quiconque.

Pour autant, donner à ce laboratoire symbolique une existence réelle nous a semblé au fil des jours de plus en plus intéressant. Cogitamus serait à l’évidence délocalisé dans l’espace, omnidisciplinaire et expérimental. Cogitamus pourrait par exemple mettre en place des programmes de recherche au service de l’intérêt général et d’institutions sociales à inventer, qui nous aident à répondre collectivement à la multitude de crises qui s’amplifient mutuellement et auxquelles notre société va avoir à faire face. Par exemple, le projet d’ouvrage collectif préfigurant un système d’Université et de recherche conforme à nos exigences et aux aspirations de la société y aurait toute sa place. En outre, Cogitamus ne comptant que des membres associés, toutes et tous y sont égaux, ce laboratoire fera l’expérience concrète de la liberté académique et du pluralisme, dans l’esprit que les compagnies savantes du début de l’âge moderne entendaient promouvoir. Cogitamus pourra donc, d’une part, servir d’affiliation à de nombreux chercheurs précarisés, et d’autre part, donner un cadre à des recherches novatrices ou mêlant des disciplines et des institutions séparées Si Cogitamus se fonde sur une affirmation des fondements de la démarche scientifique en termes de service du bien commun, de défense des solidarités et d’inscription dans le temps long de l’humanité, ses usages s’inventeront au gré des nécessités.

Accessoirement, Camille Noûs et le laboratoire Cogitamus seront rapidement en tête de tous les classements dont nous n’avons que faire. À nous de les faire vivre conformément à nos aspirations.